ONCE UPON A TIME
A BLOG OF...
... BUSINESS & HOBBIES, POETRY & SPORTS,
... LIFE & GENERAL OPINION

mercredi 17 octobre 2007

Interpellation

Ce Mardi soir, j’ai vécu une situation qui suscite la réflexion sur notre société française, et sur l’approche de certaines valeurs telles la justice et l’ordre.

Sur la ligne 2 du Métro parisien, à l’arrêt de la station Rome (ou Anvers), les portes de la rame qui était bondée sont restées ouvertes plus longtemps que prévu, et pour cause, des policiers en civil ont brusquement interpellé des suspects, apparemment des pickpockets.

Ayant la possibilité d’assez bien pouvoir observer ce qui se passait, je peux dire que l’interception s’est faite par surprise et que visiblement les 3 policiers en civil (à moins qu’il n’ait été un ou deux de plus ?) ont rapidement chopé 2 des personnes recherchées, la troisième semblant leur échapper. La scène a duré près de 3 minutes, avec une certaine virulence des policiers et qui semblaient à avoir à maîtriser des gens qui avec des sourires peut-être un peu artificiels, me donnaient l’impression de sur-jouer leur rôle de victimes.
La maîtrise d’un des 2 compères a nécessité une bousculade musclée sur la porte ouverte de la rame et plusieurs personnes dans mon entourage ont été effrayées par le choc.

La scène se termine par une femme d’une bonne quarantaine d’année qui osa interférer auprès des représentants de l’autorité, qui clamaient des « police, police » de temps en temps, pour leur dire qu’il n’avait pas le droit de faire ça, et qu’il abusait de leur pouvoir en bousculant les suspects (ou devrais-je dire les présumés innocents ??).
Pour finir, l’un des policiers lui rétorqua de s’occuper de ses affaires et la sonnerie du métro retentit environ 4 minutes après l’ouverture des portes.

Là où ça devient intéressant, c’est ce que j’ai observé après. En effet, le groupe composé de personnes hétérogènes (2 femmes, 2 hommes, plutôt caucasiens, entre 25 et 45 ans) assises à côté de moi se mit à discuter, sans doute le besoin de parler après avoir vécu un événement intense (nous connaissons tous ça). C’est alors un florilège de banalités innocentes du genre : « Oh il ne devrait pas intervenir avec autant de violences devant les yeux de la foule » ou, s’offusquant encore « On leur donne un tout petit peu de pouvoir et ils en abusent totalement ». Je n’étais finalement pas si sûr d’avoir vu la même scène, en tout cas je ne partage pas l’analyse du français moyen, toujours un peu trop humaniste (certains diront post-soixante huitards), puisque pendant la scène je me demandais simplement si les policiers allaient enfin pouvoir isoler les 2 suspects pour faire leur boulot.

Je crois que la justice consiste à éliminer les crimes et à dédommager les victimes, et pas à plaindre les criminels et relativiser les crimes, en oubliant que nous pouvons tous être des victimes, et que nous serions tous contents de pouvoir remettre la main sur notre portefeuille quand on se l’aura fait fauché !
Mais bon, voilà, si les policiers ont été trop durs et maladroits, je crois d’abord que les suspects l’ont un peu cherché dans une mise en scène dans laquelle ils sont parfaitement devenus des victimes aux yeux de certains. Une espèce de syndrome de Stockholm à grande échelle !

Ensuite, il m’est apparu que la technique des policiers avaient été finalement assez bonne, l’expérience ayant montré que les rushs de ce type effraient les innocents qui s’écartent le plus souvent et font fuir les coupables. Les interpellations de trafiquants à domicile se passent la plupart du temps de cette manière.

Alors oui, notre société est un peu violente, et il est temps qu’on s’en aperçoive aussi un peu chez les bobos parisiens, et auprès de toute la population, et qu’on réagisse de façon appropriée pour le triomphe de l’ordre et de la justice.

L’épilogue de cette histoire n’est pas piqué des hannetons non plus ! Au cours de leurs discussions l’un des 4 voisins à côté de moi, précise qu’il a vu une personne s’accroupir comme pour se cacher pas loin derrière moi, ce qui correspond également à l’endroit d’où la dame est sorti du wagon pour faire savoir ce qu’elle avait à dire aux policiers au nom d’un justice dont vous savez ce que je pense.
Bref, le troisième larron était peut-être juste là, caché par la foule, qui n’a surtout rien dit, rien fait pour la justice, et bien au contraire.

Certains de mes lecteurs se diront peut-être que j’anticipe, j’exagère, j’extrapole… Pas si sûr, j’ai vécu bien d’autres situations à Paris et l’actualité régulière du pays me laissent penser que la réalité doit être assez proche de mes hypothèses, et que le troisième suspect a certainement été protégé par la population, qui continue sûrement à croire que la pire des choses aurait été d’aider la police ; sans doute en souvenir de la « douloureuse » collaboration d’il y a 40, euh 50, euh non 60 ans maintenant (et sans doute plus de 6 millions de portefeuilles volés entre temps).

Chacun reste bien sûr juge avec les infos qu’il a, mais à la base il faut se poser les bonnes questions ; et souvent les mêmes bonnes gens de déclarer toute leur compréhension pour les privilèges de statut et de traitement du service publique au jour des grandes grèves, ou de protester vigoureusement contre les méchants tests ADN utilisés pour accélérer le regroupement familial.
On marche sur la tête parfois, non ?

A bon entendeur, re-salut !

Ciao
MfS

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Sujet oh combien sensible...
La police et assimilee joue souvent comme un catalyseur sur notre cerveau reptilien et ca provoque generalement ce genre de reactions.
J'ai regarde mardi soir une emission sur les violences urbaines (tf1). On y voyait des voyageurs, certainement d'honorables personnes en temps normal, et qui defiaient les CRS qui tentaient de canaliser les emeutiers.
Je pense qu'il fait simplement mettre ca sur le compte de la connerie primitive.
+@

sammy

Anonyme a dit…

Faut pas oublier qu'en cas d'autodéfense - on prend le risque du retour de baton de l'agresseur et celui du flic s'il te voit...

Non je pense qu'il vaut mieux éviter d'avoir à faire à ces gens ...(flics- resquilleurs - pick pocket). Vaut mieux circuler en hélicoptère pour se rendre au boulot...

Sinon le reportage en 1994 tourné par les inconnus était édifiant et je ne pense pas que la police ait changé...

Je peux comprendre cet instinct idiot de liberté et de réaction par rapport aux hommes armés ou représentant l'ordre plus ou moins établi...surtout lorsqu'il n'y a plus cette proximité qui permet d'avoir une sympathie pour le gars derrière l'uniforme (le cas partout quasimment entretemps même dans des villages comme ZinZing).

Par contre le caillassage des camions de pompiers - ça me dépasse (pas encore le cas à ZingZing - vu que les mecs continuent à se faire connaitre au comptoir de la salle polyvalente - ouf!!!)



Lorenzonic

Johnny Lee Lemming a dit…

merci beaucoup, c'est très gentil de porter attention!

j'ai des problèmes avec internet, j'essaie d'expliquer en détail ces problèmes dans l'un de mes derniers message.

bonne lecture!

Michel S. a dit…

Un petit commentaire directement lié avec l'actualité de ce mercredi 14/11, suite à une citation trouvée récemment :

Robert Ernesto : « Dans le système de retraite par répartition, ce sont les cotisations des travailleurs et employeurs actuels qui payent les retraités actuels. » dit Wikipédia. Donc si le rapport travailleurs et employeur / retraités diminue, il faut modifier quelque chose : durée de cotisation et/ou montant de retraite. Tout le monde (sauf …) est passé par une augmentation de la durée de cotisation. Alors pourquoi des compensations supplémentaires pour certains ? Y a-t-il deux catégories de français ?*

* : régimes normaux vs. régimes spéciaux

Trouvé sur Le monde.fr le 23/10/2007.

Ciao
MfS

Glossaire alphabétique (2007)

Glossaire alphabétique (1er semestre 2008)

Glossaire alphabétique (2e semestre 2008)

Glossaire alphabétique (2009)